Pas d’accord

PAS D’ACCORD !

Notre présence à Avignon n’ira pas sans (re)dire notre soutien au mouvement de protestation des intermittents et précaires (précaires, ça veut dire intérimaires, précaires, chômeurs), et nous y associer pendant le festival. Faire signe de présence et de protestation ne passe pas forcément par la seule grève.

Selon nous, ce mouvement ne représente pas une démarche corporatiste, mais une équation qui nous concerne tous sur un autre plan. Ce sont surtout ceux qui sont le moins organisés, hors parole, qui sont exposés.

Face à la logique de grignotage social du MEDEF et de ses alliés, il ne s’agit pas de défendre la pertinence de sacro-saints « acquis » (on s’accordera sur le fait que l’actuel « statut » est déjà un système dévoyé), mais de formuler une réponse commune. Cette réponse passe certainement d’abord par un refus opiniâtre des manœuvres en cours, mais elle nécessitera surtout, en retour, une contrainte politique massive pour arrêter radicalement le mouvement d’arraisonnement généralisé de toute l’économie (et de la vie) par la finance, c’est à dire le triomphe du capitalisme actionnarial.

La « crise », dont le MEDEF prend prétexte, n’est pas une fatalité mais un consensus, une décision qui se rejoue tous les jours. Comment croire une seconde qu’une multinationale, banque, ou valeur cotée en bourse pourrait-elle être « respectueuse », « vertueuse », « responsable »…?

​Pour ceux qui ne sont pas au fait de la situation, et pour ceux qui cherchent un matériau pédagogique pour faire comprendre ce qui se joue ici (bien au delà de la question de la prise en charge des périodes non-travaillées des artistes et techniciens), nous vous invitons à parcourir, par exemple, le site de la confédération CIP-Idf, qui convoque notamment avec bonheur ce texte que Roland Barthes écrivait en 1957 sur ce que c’est qu’une grève, ou encore à lire les textes de l’économiste Frédéric Lordon.