Marie ou La Chambre claire

  Marie

ou

La chambre claire

d’après Robert Walser

 

 Théâtre | danse | image

Cie L’Homme ivre

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Adaptation : Cie L’Homme ivre – traduction de l’allemand d’Elsa Petit

Mise en scène et scénographie : Jean-François Favreau

Composition chorégraphique : Marie-Geneviève L’Her

Collaboration artistique, dispositifs de projection optique, régie plateau : Michel Courret

Lumière : Richard Manoury

Son : Joseph Jaouen

Avec : Marie-Geneviève L’Her, Jean-François Favreau, et la présence de Michel Courret

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Photo – Magdalena Madra, Institut Grotowski, Wroclaw, Pologne

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Ce n’est pas l’indifférence qui enlève le poids de l’image – rien de tel qu’une photo « objective », du genre « photomaton » pour faire de vous un individu pénal, guetté par la police – mais l’amour, l’amour extrême.

Roland Barthes

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Marie est une nouvelle de Robert Walser. Au cœur de ce texte, une jeune femme farouche attire le narrateur dans un paysage forestier. Après l’amour, elle brise le silence pour « se dire », d’un trait, plaçant son destin sévère sous le signe d’une innocence, d’une inadéquation aux autres. En regard, nous avons posé la figure de Marion (issue de La Mort de Danton de Büchner). Par ses actes, rebelle aux conventions, celle-ci s’extrait du monde traditionnel. Son histoire dessine une figure masculine dont l’absence devient lancinante. La juxtaposition de ces deux paroles rejoue le destin social de la « fille », qui dispendieuse perd, se perd, se donne, par opposition à la “femme”, mariée, mère, du côté de la prospérité. La seule identité assignable de cette figure lui est donnée par la manière de ses gestes, sorte de code génétique, hors langage. En regard de cette figure énigmatique (qui n’est pas tout à fait étrangère au genre policier), se tient un témoin, oisif, qui ne tient pas en place, tour à tour enquêteur, opérateur, promeneur, ou à son tour énigmatique. C’est l’éternel héros walsérien « sans qualités ». Le paysage de cette investigation, le procédé de l’optique et de la photographie ancienne, les projections, la pose longue, les clichés anonymes, le “goût du révolu” (diapositives, rétroprojections, films super 8 des années soixante…).

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Dans le tableau qui se dessine là, en creux, de la société, on entend peu à peu l’écho des rituels populaires, expiatoires, des sociétés traditionnelles : ceux de la fête foraine, de la jonchée, et du charivari.

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Partenariats : Cie L’homme ivre, L’Institut Grotowski de Wroclaw, Pologne, résidences de création à la Métive et au Site de pratiques théâtrales Lavauzelle (23), ainsi qu’au Cube, Studio théâtre de Hérisson (03), résidence programmée en mars 2015 à la Pépinière, Scène Nationale d’Aubusson.

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 Photo : Thomas Guillot, Le Cube, Hérisson

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Image du titre – d’après La Comtesse de Castiglione, Pierrre-Louis Pierson